il est possible de couper une boule de
en un nombre fini de morceaux et de réassembler ces morceaux pour
former deux boules identiques à la première. C'est un résultat purement
mathématique, qui n'a aucun sens physique (ou tout du moins en physique
classique, où "rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"
selon la maxime attribuée - injustement - à Lavoisier car on peut la
retrouver chez le philosophe présocratique Anaxagore de Clazomènes).
Ce
résultat repose sur le concept d'équidécomposabilité: deux ensembles
sont donc équidécomposables si on peut couper le premier
en morceaux et reconstruire le deuxième simplement en déplaçant les
morceaux (c’est-à-dire en leur appliquant une isométrie). Bref, on joue
au puzzle. Et pour revenir à notre problème, un ensemble
est dédoublable s’il est équidécomposable à une moitié de lui-même.
L'autre point important dans le paradoxe est l'idée de volume (et donc
de mesure). Si on veut mesurer un intervalle, on prend sa longueur et
si on a un
ensemble en plusieurs morceaux, on prend la somme de la longueur de
chacun des morceaux. Et le paradoxe affirme qu’on peut construire des
ensembles
suffisamment tordus et bizarres pour qu’on ne puisse pas les mesurer,
c’est-à-dire qu’on ne peut pas leur associer un volume sans violer les
deux
propriétés évoquées plus haut. Pour reprendre une image évoqué par
wikipedia, "le paradoxe affirme que l’on peut multiplier les petits pois ou
transformer une grenouille en quelque chose de plus gros que le bœuf
dès l’instant qu’on passe par une étape où elle est coupée en morceaux
non mesurables, où le volume perd son sens. Par la suite, on peut
réassembler ces morceaux en un objet « plus gros » sans avoir à dire
que la grenouille et le bœuf ont le même volume puisque le volume du
résultat n’est pas la somme des volumes des morceaux."
Pour ceux qui veulent des compléments mathématiques, il y a un article ici ou là, par exemple.
Mais
si je parle de Jésus de Nazareth et de paradoxes mathématiques, c'est
principalement pour revenir à l'interprétation (très intéressante
qu'en donne Paul Embrechts, ici). Paul en avait parlé à plusieurs reprises dans différents exposés (par exemple ici,
à partir du slide 29). Je reprendrais plutôt la version en français des
slides qu'il avait présenté à session pléinière à Ottawa l'été dernier (ici),
dont l'interprétation financière est la suivante,
Peut-être est-ce encore plus clair en anglais,
Autrement dit les financiers ont réussi le miracle de mettre en pratique le théorème de
[30/03/2009] Juste pour poursuivre dans mes élucubrations bibliques, je voulais juste mettre un lien (ici), voire deux (là), pour une lecture assez orientée théorie des jeux du sacrifice de Salomon (ou du "jugement de Salomon", rappelé ici). Des billets plus anciens parle de cette lecture (ici, ou là) ou mieux encore, le chapitre de John Moore, téléchargeable ici.








