Le paradoxe de l'examen surprise...
By arthur charpentier on Saturday, December 17 2011, 14:02 - Miscellaneous - Permalink
La semaine dernière, Steve Landsburg reprenait (sur http://thebigquestions.com) sous une forme amusante un paradoxe que j'avais évoqué voilà deux ans sur le blog. Je ne résiste pas au plaisir de me replonger dans ce paradoxe...
Un professeur rédigeant son plan de cours veut mentionner un examen
surprise, qui compterait pour 10% de la note finale. Il annonce donc à
ses étudiants, au premier cours, qu'un examen surprise (et un seul) se
tiendrait à une date (surprise) parmi les 12 séances de cours. Mais
comme le fait noter un élève, l'examen ne pourrait avoir lieu lors de
la dernière séance (la 12ème), car cela signifierait qu'il n'y a pas eu
d'examen les 11 premières séances, et donc l'examen surprise devrait
forcément se tenir au 12ème cours (mais alors il ne serait plus surprise
du tout). Bref, impossible d'avoir un examen surprise ce jour là. Mais
dans ce cas, surenchérit une étudiante, il ne peut non plus avoir lieu à
l'avant dernière séance (la 11ème), car là encore cela signifierait
qu'il n'y a pas eu d'examen les 10 premières
séances, et donc l'examen surprise devrait forcément au 11ème cours
(car il ne peut pas avoir lieu au 12ème comme on vient de le voir, et
là encore, il ne serait plus surprise
du tout). Bref, de manière récurrente, on peut montrer que l'examen
surprise a alors lieu forcément le premier jour. Mais là encore, il n'y
a pas de surprise. Et donc impossible qu'il y ait un examen surprise si
ce dernier a été annoncé. Moralité, pour faire un examen surprise, il
ne faut surtout pas évoquer qu'il y en aura un. Mais comme on ne peut
pas faire un examen non annoncé dans les modalités de contrôle des
connaissances, il est impossible de faire des surprises aux étudiants à
l'université... C'est triste, non ?







Comments
J'avais un professeur qui, à mi-chemin dans le premier cours de la session, après avoir écrit une chose au tableau alors qu'il avait dit le contraire, nous annonça: "Vous savez, il arrive souvent que je pense une certaine chose, que j'en dise une autre et que j'en écrive une troisième. L'examen portera sur ce que je pense." Cette stratégie annule complètement l'avantage que les étudiants ont de connaître l'existence d'un test surprise!
Damned, tu m'as eu comme prof ?... Plus sérieusement, si on introduit une probabilité sur le fait qu'il y ait, ou pas, examen surprise, il n'y a plus de paradoxe....
il n'y a pas un petit soucis de probabilité conditionnelle la ?