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Monday, June 8 2009

"chercheur du dimanche"

Merci au collègue qui a eu la bonne idée de placarder ce dessin (paru dans le Canard de la mi-février) à côté de la machine à café,Je ne sais plus qui m'avait dit que c'était souvent dur pour un enseignant-chercheur de se prétendre "chercheur". Je préfèrerais une expression que j'emprunterai à Kurt Wallander1, qui était heureux dans un des tomes (je ne sais plus lequel)  de s'affirmer "flic du dimanche" compte tenu du peut de moyens pour effectuer son travail, de la charge de travail administratif qui ne cesse d'augmenter, mais aussi de la passion qu'il met dans son travail (on pourrait d'ailleurs faire un parallèle rapide avec son père2). En fait j'aurais un peu tendance à me qualifier de "chercheur du dimanche" depuis quelque temps...

1 ou plutôt (je pense) Anna Gilson qui avait traduit quelques uns des titres d'Henning Mankell a qui a trouvé là une expression qui m'a enchanté.
2 en fait le père de Kurt est aussi présenté comme un "peintre du dimanche" (ou tout du moins c'est comme ça que je vois le personnage).

Tuesday, March 10 2009

trop d'info tue l'info

Quelques couacs sur la déclaration de la CPU, alias la Conférence des Présidents d'Universités (raconté ici, via Mediapart). On retiendra le communiqué du professeur Georges Molinié. Président de Paris-Sorbonne (Paris-IV),

    « Or, le mouvement, large et majoritaire dans toute la communauté universitaire, est légitime, massif, et nécessaire face à l'autisme des ministères relativement à des réformes inacceptables, notamment une réforme des procédures de la formation des maîtres qui représente à la fois une régression et une agression, et qui reste à l’ordre du jour malgré les protestations de la CPU, de l’ensemble des syndicats et de multiples associations représentatives.

    La seule solution est la mobilisation forte et continue dans les manifestations publiques [...] Face à l'attitude de mépris qui nous est opposée, il est plus que jamais indispensable de manifester, dans la rue et dans les universités, une résistance résolue, massive et responsable.
»

Saturday, February 28 2009

LRU, autonomie et suppression de départements....

J'avais promis que j'arrêterais de parler de la réforme, mais en trainant sur les forums, je me rends compte que Tullis Detritus a décidément réussit à renforcer la rupture entre les enseignants-chercheurs et les lecteurs des principaux médias.
Je voulais juste revenir sur la LRU et l'idée d'autonomie des universités. Dans un précédant billet, je parlais des dangers de faillite (en grossissant un peu les risques, j'en conviens), mais là je voulais évoquer le risque - que je croyais au départ théorique - de fermeture d'ufr... Tout le monde esssaye de comparer aux Etats-Unis ou au Royaume Uni. Le système britannique est lui évoqué ici, mais n'apprend pas grand chose, ormis que l'autonomie nécessite une "gouvernance" claire. Mais beaucoup plus instructive, l'expérience allemande est détaillée (partiellement) ici. La loi de réforme du fédéralisme en 2006 a signé le désengagement financier de l’État fédéral au profit des Länder. "Accent mis sur certaines filières, rémunération des professeurs au mérite, recrutement sélectif des étudiants, mécénat d’entreprises... désormais, chaque université peut adopter ses propres règles de gestion pour peu qu’elles soient en accord avec la législation de son Land." Et comme le note le professeur Kempen, président de la Fédération allemande de l’enseignement supérieur "« Le déplacement du pouvoir s’effectue au profit des instances centrales [présidence, collège des recteurs et conseil d'administration], au détriment des organes représentatifs des enseignants. Pourtant, les décisions scientifiques adéquates ne peuvent être prises que par les instances qui mènent ces activités ! »  [...]  Il est rejoint dans son analyse par Andreas Keller, du syndicat GEW : « La majorité des pouvoirs se concentrent entre les mains des présidents, qui agissent comme dans une entreprise, en véritable directoire. Néanmoins, on néglige le principe de la cogestion à l’allemande qui prévoit dans les entreprises la représentation des salariés au conseil de surveillance ! »". L'article évoque d'ailleurs le point que j'évoquais en introduction, à savoir que "au rang des autres dérives possibles, une spécialisation des universités dans des filières porteuses et l’abandon d’autres moins demandées dans le court terme par les entreprises.". Bref, peu importe la qualité des chercheurs, ou le niveau même des formations, c'est réellement l'intérêt - direct et à court terme - pour  les entreprises locales qui importe !
Ce point a d'ailleurs été repris dans le International Herald Tribune du 14 janvier 2008 (ici pour la version intégrale).
"Gordon Whittaker, un Australien de 56 ans [...] est l’un des derniers professeurs d’université en Allemagne à faire vivre les langues des peuples amérindiens du Sud et du Nord de l’Amérique, langues menacées de disparition. A Göttingen, où il est professeur depuis 1990, il sera probablement le témoin d’une autre disparition : celle des études amérindiennes elles-mêmes.
Cette année, l’université a décidé que les étudiants pourraient sortir avec un diplôme spécialisé dans l’étude de l’Afrique ou de l’Asie du Sud-Est, mais pas dans celle des Incas, des Aztèques ou des Sioux. Jusqu’à sa retraite en 2019, Whittaker continuera à œuvrer pour la préservation de la langue d’une tribu américaine, la nation Fox et Sac, mais cela n’ira pas plus loin. « Göttingen ne produira plus les générations de savants qui seraient capables de préserver ce type de langues et de cultures, dit Whittaker. Ce sera fini, tout simplement. » Le destin des études amérindiennes à Göttingen – et le président de l’université jure ses grands dieux qu’il ne cherche pas à s’en débarrasser – souligne le changement historique qui est actuellement en cours dans les universités allemandes, institutions autrefois réputées pour leurs champs d’études hautement spécialisés dans le domaine des humanités." Un peu plus loin dans l'article, il est évoqué que "Göttingen imite ainsi l’Université de Hambourg, qui a fermé son département d’études amérindiennes en 1990, de même que celle de Berlin, où une filière autrefois prestigieuse est en perte de vitesse."
L'analyse du International Herald Tribune est claire: "Sous l’effet de pressions financières très fortes, les universités subissent des transformations spectaculaires, impulsées par de puissants administrateurs qui ont, de par leurs nombreuses attributions, le pouvoir d’imposer leurs décisions malgré les objections de la communauté universitaire. Ces administrateurs se donnent pour mission d’adapter les universités allemandes aux besoins contemporains – tout particulièrement aux besoins économiques – et à rationaliser leurs structures de manière à pouvoir concurrencer les institutions universitaires américaines. Cette stratégie impose une pression énorme sur ce que les Allemands nomment les « kleine Fächer », à savoir, littéralement: les « petites disciplines ». Ces champs disciplinaires, souvent portés par un seul professeur dans une université donnée, et représentés dans trois ou quatre universités dans le pays entier, correspondent à des domaines de spécialisation étroits. Même si ces champs ne sont pas très bien définis, on sait qu’ils concernent, pour leur immense majorité, les humanités, et qu’ils comprennent des domaines aussi exotiques que les études albanaises, la philologie orientale ou l’étude du groupe linguistique indo-européen. Ils incluent certaines sciences, telle l’astrophysique, et certaines disciplines intéressant un large public, comme l’étude de l’Islam".
L'article évoque d'ailleurs quelques aspects plus quantitatifs. "
L'Association pour l’Université allemande, un syndicat d’universitaires, a calculé cette année que 663 postes de professeurs avaient été supprimés entre 1995 et 2005, à savoir 11,6 % du nombre total de postes".
Kurt von Figura, le président de l’Université de Göttingen, conclue en notant que "« La question décisive, pour nos universités aujourd’hui, c’est la situation de concurrence, ce qui signifie qu’il faut augmenter notre visibilité. En général, c’est beaucoup plus facile à réaliser quand vous avez une certaine masse critique derrière les disciplines que vous voulez vendre. Lorsqu’un professeur est seul, c’est un objectif qu’il a beaucoup plus de mal à atteindre. »".
Pour avoir une réflexion française sur l'autonomie et les difficultés pour les "petites" universités, avec énormément des points sur lesquels tout le monde se reconnaîtra (en particulier sur les histoires de financements, les difficultés à recruter des doctorants et le ras le bol du boulot de secrétariat - pour lequel nous n'avons aucune compétence), quelques vidéos traînent sur Mediapart, ici.

Saturday, February 21 2009

LRU et dentifrice

Les enseignants-chercheurs, c'est comme le dentifrice, une fois sortis du tube, on ne peut plus les faire rentrer (ou alors c'est compliqué, et pas très propre),

"La coordination nationale exige l'abrogation de la LRU et du pacte pour la recherche et l'arret immediat de leur mise en oeuvre. Elle exige l'adoption d'une nouvelle loi....." (daté de vendredi dernier). Visiblement la stratégie de Tullis Detritus n'était pas la bonne: en refusant de revenir sur les deux points de mécontentement du début des "événements", i.e. du décret, c'est maintenant l'ensemble de la loi qui est remise en cause !

Thursday, February 19 2009

Asterix et la réforme des universités...

La relecture de "La Zizanie" n'a pas pu m'empêcher de penser à la situation actuelle... Je n'arrive pas à savoir qui de Nicolas S. ou Valérie P. joue le rôle de Tullis Detritus, mais quand on lit la presse et les courriers de lecteurs, on se rend compte qu'on va se retrouver face à une réelle crise de confiance (pour reprendre d'ailleurs l'idée de Wendelin Werner dans Le Monde l'autre jour), entre les chercheurs et le peuple, mais surtout entre les chercheurs et les élites... (ce qui va beaucoup plus loin que ce que je racontais sur Propaganda dans un ancien billet)

On voit revendiquer des gens qui n'avaient jamais rien demandé jusqu'à présent, et quand on voit les positions prises ici ou là... c'est un sacré bazar (histoire de ne pas dire de gros mot dans un blog professionnel).

PS: ne souhaitant pas d'histoire avec la famille Uderzo, je rappelle que La Zizanie est de René Goscinny, dessiné par Albert Uderzo, chez Hachette, et qu'il vaut un peu moins de 9 euros... Et si je me permets de voler des images, c'est pour inciter les gens à relire les livres...

Monday, February 16 2009

Nouvelles des collègues de Rennes 2

La grève continue à Rennes 2,



(via http://www.universiterennes2engreve.com/)

Sunday, February 15 2009

quotidien d'un enseignant-chercheur, suite...

Sur le "quotidien" des enseignant-chercheurs (suite d'un ancien billet), je peux également revoyer à l'étude de Sylvia Faure, Charles Soulié et Mathias Millet (ici). La partie sur le temps de travail commence page 22, avec une précaution statistique on-ne-peut plus juste: "Avant de livrer les premiers résultats relatifs au temps de travail des répondants, quelques remarques méthodologiques s’imposent. En effet, ceux-ci ne mettent pas forcément la même chose derrière le mot « travail », mais aussi « enseignement », « recherche », ou « administration ». Par exemple, lire pendant les vacances ou visiter une exposition pourra être considéré comme un travail par certains, et non par d’autres.". Avec un tout petit peu plus loin ce commentaire d'un professeur de littérature française, "L’aliénation y est variable, mais souvent nulle : je ferais de la recherche, même si je n’étais pas payé pour le faire. Le temps « libre » fait partie essentielle de notre « productivité » : c’est là où nous pouvons nous donner les moyens d’inventer."

Parmi les résultats plus quantitatifs de l'étude, on trouvera les tableaux suivants,

Sinon sur le découpage entre administration/enseignement/recherche, on trouve le détail suivant,


"Cela dit, le statut joue un rôle décisif dans la distribution des tâches administratives. Ainsi, 39% des professeurs déclarent consacrer 11h ou plus par semaine aux tâches administratives, contre 15% des maîtres de conférences". Côté recherche, on obtient


Bref, je ne vais pas citer tout le rapport (qui pourtant le mériterait), et qui doit être pris avec les pincettes qui s'imposent: il s'agit d'une analyse exploratoire basée sur une enquête, où les personnes sont libres de répondre ce qu'elles souhaitent... Mais globalement, on retrouve des tendances bien réelles.


enseignant ou chercheur ?

Après les contes d'Andersen pour expliquer les effets de mode en recherche (ici), aujourd'hui, une fable... Malheureusement, qui ne semble pas forcément adapté: dans le cas des enseignants chercheurs, je crains que l'on ne se fasse manger deux fois...

Une Chauve-Souris donna tête baissée

Dans un nid de Belette ; et sitôt qu'elle y fut,
L'autre, envers les souris de longtemps courroucée,
Pour la dévorer accourut.
"Quoi ? vous osez, dit-elle, à mes yeux vous produire,
Après que votre race a tâché de me nuire!
N'êtes-vous pas Souris ? Parlez sans fiction.
Oui, vous l'êtes, ou bien je ne suis pas Belette.
- Pardonnez-moi, dit la pauvrette,
Ce n'est pas ma profession.
Moi Souris ! Des méchants vous ont dit ces nouvelles.
Grâce à l'Auteur de l'Univers,
Je suis Oiseau ; voyez mes ailes :
Vive la gent qui fend les airs! "
Sa raison plut, et sembla bonne.
Elle fait si bien qu'on lui donne
Liberté de se retirer.
Deux jours après, notre étourdie
Aveuglément se va fourrer
Chez une autre Belette, aux oiseaux ennemie.
La voilà derechef en danger de sa vie.
La Dame du logis avec son long museau
S'en allait la croquer en qualité d'Oiseau,
Quand elle protesta qu'on lui faisait outrage :
"Moi, pour telle passer! Vous n'y regardez pas.
Qui fait l'Oiseau ? c'est le plumage.
Je suis Souris : vivent les Rats !
Jupiter confonde les Chats ! "
Par cette adroite repartie
Elle sauva deux fois sa vie.
Plusieurs se sont trouvés qui, d'écharpe changeants
Aux dangers, ainsi qu'elle, ont souvent fait la figue.
Le Sage dit, selon les gens :
"Vive le Roi, vive la Ligue."
(La chauve-souris et les deux belettes, Jean de La Fontaine, Livre II fable 5)

Friday, February 13 2009

décrire le quotidien d'un "enseignant-chercheur"...

J'ai été contacté mardi soir par Marie-Estelle Pech, journaliste au Figaro, "Je suis journaliste au Figaro et je suis tombée sur votre billet au sujet de l’appel à témoignages du Monde alors que je surfais sur des blogs d’enseignants-chercheurs. Je cherche à faire plusieurs portraits d’enseignants-chercheurs de diverses disciplines anglés sur leur activité professionnelle. Le fait que vous enseigniez à Rennes (Je suis davantage en contact avec des enseignants parisiens, centralisme oblige) et que ce soit en économie (Je n’en ai pas interviewé pour l’instant) ont attiré mon attention. Voici mes questions en vrac : à quoi ressemble une semaine ou un mois type ? Les différents charges (enseignement, recherche, travail administratif, encadrement des mémoires, thèses…). Votre traitement, etc."

Bref, après hésitations*, on a convenu d'une discussion par téléphone (il a fallu trouver un créneau libre commun, ce qui n'a pas été simple), pour partager un peu mon expérience d'enseignant-chercheur... on a discuté très rapidement jeudi dernier... les lecteurs du Figaro me préviendront si l'interview est parue...

* quand on voit les articles affligeants dans les "journaux de référence", il y a de quoi avoir peur ! J'avais déjà médit sur Le Monde qui sous-traite le travail de ses journalistes (évoqué dans le mail et ici), mais l'homme à la barbiche de Libé m'a exaspéré l'autre matin...


Est-il possible d'être plus vague ? Est-ce que Laurent Joffrin a la moindre idée de ce dont il parle ?... je vais plutôt laisser d'autres internautes râler, mais comme je l'ai déjà dit dans un billet, quand on voit à quel point les journalistes méconnaissent le sujet, il ne faut pas être surpris qu'il dépasse également les hommes politiques...L'autre crainte que j'avais était directement liée au journal, "Le Figaro", où le courrier des lecteurs est insultant ! Dois-je me lancer dans la mélée et me faire insulter ?

D'ordinaire je suis amateur de débats contradictoires, mais face à autant de mauvaise foi !... Je pense qu'il faudrait que je fasse un billet de "stylized facts" contenant simplement des statistiques (même si je me tue à expliquer à mes élèves qu'il n'existe pas de statistiques "simples", toutes étant très largement subjectives). Snoni un coup de chapeau aux personnes qui signent des billets sous un pseudo.... même si certains ont le courage de leurs opinions ! Par exemple cette semaine dans Le Point, j'admire un certain Franz-Olivier Giesbert qui visiblement n'a plus toute sa tête et se met à parler d'un sujet qu'il ne connaît pas... Pour ne parler que des dépenses universitaires, je le renvoie à des rapport du Sénat par exemple (est-ce considéré comme de la lecture "gauchiste" ?), par exemple lors de la discussion sur les "classements" dans l'enseignement supérieur, ici

(pour les dépenses par étudiants, sinon je renvoie à la Documentation Française pour les dépenses ramenées au PIB),

à quand des journalistes qui étudient un peu les dossiers avant d'avoir un avis sur tout ?

[25/02/2009] Peut-être juste un petit mot pour décrire le quotidient d'un enseignant chercheur... l'interview avait duré près de 45 minutes, mais 10 jours après, Marie-Estelle Pech n'a plus écrit le moindre article sur les enseignants-chercheurs... Bref, 45 minutes qui n'auront servi à rien.

[01/03/2009] Sinon une réponse d'Olivier Beaud à F.O.G. qui n'est pas parue dans Le Point...

Tuesday, February 10 2009

LRU et faillite..?

Mettons deux informations a priori sans aucun rapport côte à côté.... Tout d'abord, pour ne parler que de la face émergée de l'iceberg,

"Le fonds de l’université Harvard pourrait avoir perdu jusqu’à 18 milliards de dollars. Harvard Management Co, fonds à succès depuis bientôt 6 ans, aurait perdu plus de 18 milliards de dollars dans des investissements alternatifs..." (via e24 ou NextFinance)

"Les universités britanniques touchées par la crise financière islandaise L'université britannique d'Oxford pourrait perdre jusqu'à 30 millions de Livres Sterling (39 millions d'euros) gelées dans des banques islandaises. Cambridge, elle, serait "seulement" exposée à la perte de 11 millions de Livres (14 millions d'euros). Elles ne sont pas les seules à souffrir du désastre économique qui touche l'Islande. Au total, 12 universités britanniques ont placé 77 millions de Livres (99 millions d'euros) dans des banques islandaises" (via L'Etudiant et Guardian, que j'évoquais rapidement dans un ancien billet)

De l'autre, reprenons un papier récent du Monde "les 19 281 enseignants-chercheurs des vingt universités devenues autonomes le 1er janvier 2009 auraient perdu, à cette date, leur statut de fonctionnaire public d'Etat " (via Le Monde).

Que se passerait-il si, par accident, un Président d'Université (qui est un enseignant, à la base, pas un gestionnaire ou un administratif) fait des placements hasardeux, et met son université en faillite ? y-a-t-il quelque chose de prévu - dans la refonte LRU - sur la faillite des universités ? Pour revenir à des considérations un peu corporatistes, que devient un enseignant-chercheur si son université autonome fait faillite ?

[26/02/2009] De mon point de vue, ce problème devrait concerner les collectivités locales et les métropoles, qui vont être amenées à "supporter" leur université... On ne peut donc être que surpris de ne pas entendre les élus des métropoles, ou des départements/régions sur la LRU, car cela risque de les concerner directement... car perdre une université... Mais bon, au delà de ce soucis, sur le staut de "fonctionnaire" des enseignants-chercheurs, je tenais à rappeler qu'à terme de tout façon, le statut de fonctionnaire tel qu'il existe est appeler à mourrir. Je renvoie aux discussions qui ont eu lieu au Sénat voilà tout juste un an sur une loi qui - étrangement - n'a pas beaucoup fait parler d'elle. Je ne connais pas bien le droit public, mais je trouve certaines phrases assez inquiétantes...

[03/03/2009] Je vais en rajouter une couche... suite à la crise financière, Yale va supprimer des postes... "up to 300" selon le titre, mais dans le texte on y apprend également "the grim economic outlook has forced the University to cut deeper into staff salaries, slating the equivalent of 500 to 600 positions for elimination." La suite dans le Yale Daily News, ici. Vouloir poussez les gens à prendre un crédit au moment où la crise des subprimes enfonce les ménages outre-atlantique, puis pousser les universités vers l'autonomie au moment où les universités anglo-saxons perdent plein d'argent... certains timings ne sont que coïncidence ?...

Retrait du décret ?

Comme le disait Libération lundi soir, "la ministre lâche du lest sur la réforme des statuts"... Mais la Coordination n'avait jamais demandé de négociation, semble-t-il, simplement un retrait pur et simple du décret sur la réforme des enseignants chercheurs...

On verra ce que décidera la Coordination Nationale (qui doit se réunir en milieu de semaine), mais visiblement, malgré ce que croit Libé, il semble que rien n'ait bougé..

à suivre...

Monday, February 9 2009

Faut que je change de thème de recherche pour publier dans Nature !



(http://blogs.nature.com/)

Monday, February 2 2009

AG à la fac de Sciences Eco

"C'est une manif. Je manifeste toujours tout seul. Quand on est plus de quatre, on est une bande de cons. A fortiori, moins de deux, c'est l'idéal."

d'ordinaire j'évite ces réunions de plus de deux personnes, mais comme je n'avais pas cours ce midi, j'ai été à l'AG à la fac de Sciences Eco. Les discussions ont essentiellement porté sur la masterisation des concours d'enseignements, dont j'avais pourtant décidé de ne pas parler dans un précédant billet. Je dois avouer qu'écouter la voix de son Maître pendant une heure a quelque chose de lassant... et ce qui m'a le plus agacé, c'est l'utilisation de chiffres lancés en l'air, et qui finalement font rarement avancer le débat.

Le chiffre du jour était 40000: pour faire simple, les concours d'enseignements se feront dans le cadre de Master, et les stages qui pouvaient exister auparavant seront désormais des "stages de master". Le flou existait sur les stages, jusqu'à ce que le ministre annonce que 40000 stages seraient proposés, ce qui aurait du suffire à clore le débat...

En faisant le tour des sites du Ministère, j'ai essayé de faire le décompte du nombre de stages nécessaires... Je sais bien que compter les étudiants est une activité délicate, mais à la louche,

compte tenu des "présents" (je ne compte pas les inscrits), il faudrait presque 55000 postes sur Capes, Agrégation (et autres). On peut se dire qu'il y a quelques doublons, genre des personnes préparant l'agrégation externe qui présenteraient aussi le CAPES... Mais à la louche, je pense qu'on dépasse les 40000 stages proposés. Là où ça coince, c'est qu'il convient aussi de rajouter les concours de Professeur des Ecoles,

ce qui rajouter 40000 stages de plus à trouver...

Bref (mais je m'indigne en tant que parent d'élèves, et je pense que ça serait aux parents d'élèves se s'indigner, pas au corps enseignant des universités), je me demande ce que vont faire ces 45000 ou 50000 étudiants qui n'auront pas fait de stage, faute de place, et qui à la fin de leur master, se retrouveront seuls face à une classe, sans aucune expérience...

Je suis un peu choqué qu'on puisse s'estimer satisfait de cet élément de réponse apporté par le ministère ! Et ce qui me choque le plus, c'est lorsque j'entends parler de protestations "corporatistes": au contraire, dans les attributions des enseignants chercheurs, il y a le suivi et l'accompagnement des étudiants (et leur orientation): en l'état, envoyer des étudiants dans ces master, c'est les envoyer au casse-pipe.

Jusqu'à présent, j'avais délaissé la "masterisation" des concours d'enseignement, (pensant qu'il s'agissait d'un problème disjoint de la réforme de l'université) mais je pense qu'elle peut soulever des problèmes intéressants, et directement liés aux projets de réforme...  

Supposons qu'un UFR ait bloqué l'envoi des maquettes pour les nouveaux master, mais que la présidence de l'université décide (malgré tout) d'envoyer au Ministère des plaquettes. Les master d'enseignement pourraient alors exister sans l'accord des UFR.... du moins me semble-t-il. Est-il envisageable d'avoir des Masters coupés du corps enseignants, imposés par le fait du prince...?

Se poseront alors des questions pratiques, du genre "qui devra alors assurer les cours ?" peut-on envisager une présidence d'université qui proposerait des décharges de cours pour ceux qui accepteraient de participer à ces masters...? 

On parle souvent de "fait du prince" ces derniers temps dans les médias (et dans d'autres contextes, et pour d'autres "prince"), mais je trouve que cette réforme renforçant les pouvoirs des président d'université (sans vraiment de garde-fou) est décidément bel et bien dans l'air du temps...  

Wednesday, January 28 2009

Infos de Beaulieu

Motions votées lors de l'AG des mathématiciens de Rennes 1 le 27 janvier 2009.
1. Conformément aux décisions de la coordination nationale du 22 janvier 2009 tenue à Paris, si le ministère ne retire pas, sans préalable :
  •  le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs
  • la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré nous nous mettrons en grève à partir du 2 février 2009.
Pour : 48 ; contre : 2 ; abst. : 4
2. L'Assemblée Générale précise que la grève concerne l'ensemble des
activités, qu'elles soient d'enseignement, d'administration ou de recherche.
Pour : 46  ; contre : 0 ; abst : 2 ;

Grève du 29 janvier

Quelques informations pour mes étudiants,
  • pour les étudiants de M1, Administration et Gestion Publique, le TD d'analyse des données, prévu de 11 à 12.30 est maintenu, salle 10
  • pour les étudiants de M1 et M2, Statistique et Econométrie, le TD de statistique de l'assurance aura lieu vendredi matin, et ne sera pas déplacé, comme annoncé la semaine dernière. Je reviendrais cet après midi sur le déplacement du TD du vendredi au jeudi.

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