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Sunday, March 18 2012

La nouvelle religion des sondages

Depuis quelques jours, j'ai mis en ligne quelques billets parlant d'estimation, voire de prédictions, dans le contexte des sondages. Mais loin de moi l'idée de participer à ce débat que je suis - de loin, certes - sans vraiment le comprendre, sur l'interprétation des sondages. Car il faut que les choses soient claires. Je crois que je suis athée. Et plus encore, anticlérical. Donc rien ne m'exaspère davantage que la montée de cette nouvelle religion que sont devenus les sondages (ou presque pire, qu'on puisse penser que j'y participe). A en lire certains commentaires sur les blogs (ou sur certains journaux en ligne que je survole), entre la secte de ceux qui pensent qu'on peut interpréter une variation d'un demi point entre deux sondages, et celle qui pense qu'il faut parler d'intervalle de confiance (mot qui semble avoir acquis une connotation sacrée, dont on parle sans trop savoir ce qu'il veut dire) afin de laisser penser qu'ils font de la science, j'ai l'impression de revivre le "the shoe is a sign" en lisant les articles !

Je l'ai déjà dit ce sur blog, tous ceux qui commentent des sondages devraient en avoir fait passer au moins une fois dans le vie ! J'ai découvert la statistique (et la théorie des sondages) après avoir lu l'opinion publique n'existe pas, de Pierre Bourdieu. Les rares fois où j'ai fait passer des questionnaires dans la rue, je ne pouvais m'empêcher de penser à ce texte lorsqu'on me disait "je sais pas moi, vous mettriez quoi vous ?". Ce texte date probablement un peu, et j'ai probablement beaucoup interprété ce texte (de mon point de vue) en le lisant. Mais je n'en suis pas moins convaincu qu'il a raison lorsqu'il conclut "Je dis simplement que l'opinion publique dans l'acception implicitement admise par ceux qui font des sondages d'opinion ou ceux qui en utilisent les résultats, je dis simplement que cette opinion-là n'existe pas". Je sais bien que dans les sondages qui précèdent les élections, on demande davantage une intention, plus qu'une opinion. Peut-être faudrait-il demander "avec quelle probabilité allez vous voter pour chacun des candidats suivants" (avec bien sûr que le problème que personne ne donnera des probabilité dont la somme s'additionne à un, mais on peut normaliser ensuite) pour que je puisse croire que ces intentions déclarées aient du sens. Je ne sais pas, j'essaye de penser à voix haute.

Quoi qu'il en soit, je tenais à faire cette mise en garde (qui était implicitement dans la conclusion de mon précédant billet): je ne souhaite pas participer au jeu des prédictions sur les élections à venir en France. C'est juste que ces sondages offrent l'occasion d'illustrer des concepts de statistiques importants, avec des grandeurs que tout le monde connaît, à force de les voir mentionnées presque tous les jours. Donc je joue avec ! Loin de moi l'idée de faire des choses sérieuses sur mon blog...

Monday, September 12 2011

Minority or majority ?

A few months ago, I mentioned (here) an article in a French newspaper which claimed that 60% of English people were earning less than the median. And recently, I read the following,

Sometimes I feel lonely when reading newspapers..