Les exercices de la PC8 sont en ligne ici et là (merci à Yukio pour la dernière feuille), et ceux de la PC9 ici.
- Définition de l'optimalité au sens de Pareto

Tout
d'abord, pour la petite histoire, Wilfredo Pareto (1848-1923) a pris la
suite de Walras à la chaire d’économie politique
à l’Université de Lausanne quand celui-ci est parti à la retraite. C’est dans son « Manuel d’économie politique
» que se trouve son apport décisif sur l’optimum
économique.
D’abord, en passant de l'hypothèse walrasienne de
cardinalité à celle d'
ordinalité des
préférences et de l’utilité, ce qui
l’amène à privilégier la notion de
courbes
d’indifférence qu’il emprunte aux travaux
d’Edgeworth. Ensuite, et surtout, il va introduire un critère de
définition de l'
optimum économique.
Le critère d'optimalité paretienne est proche de la
conception utilitariste de la justice sociale héritée de
John Bentham (et donc dans
l'individualisme): une allocation Pareto-optimale est nécessairement «
individuellement
rationnelle »
en ce sens que chaque agent la préfère à sa
dotation initiale. Or, une allocation individuellement rationnelle
n'est pas toujours «
équitable » en ce sens
qu'un agent au moins peut avoir envie d'une allocation
obtenue par un autre agent. Pour dépasser les limites du critère paretien, d'autres
conceptions de l'équité que l'utilitarisme ont été intoduite, que ce soit la conception libertarienne (avec von Mises, Hayek et Nozick) ou la
conception libérale-égalitaire (avec en particulier Rawls et Sen). Pour reprendre la terminologie de Gérard Debreu (1966) un optimum est «
un état réalisable auquel n'est préféré aucun état réalisable ». Connaissant (décrétant) l'optimum , le marché doit déterminer l'équilibre
général correspondant. Elle doit donc trouver les prix
relatifs "
fictifs" ou "
prix ombres" comme certains les ont appelés.
D'un point de vue quantitatif, l'utilité
d'un individu X doit être est maximale sous contrainte que
celle de Y doit rester supérieure à un niveau
donné. Supposons que les deux consommateurs consomment deux
biens, notés (1) et (2),
sous contraintes
où

et

désignent les quantités des deux biens qui sont
disponibles, respectivement. Classiquement, on résout ce programme
d'optimisation à l'aide du lagrangien
les conditions du premier ordre donnent
On en déduit alors simple que
ce qui correspond à une égalité des TMS à l'équilibre.
Formellement, on retombe sur des équations semblables en considérant le programme d'optimisation suivant
Le point optimal est obtenu à l'aide du diagramme d'Edgeworth
(je peux renvoyer
ici pour des slides d'Abdul Noury expliquant simplement la
construction, et la lecture, de ce diagramme). Sur le dessin ci-dessous, on la région
verte est l'ensemble des allocations pour lesquelles on augmente à la fois l'utilité de X et de Y,

Le théorème de bien être nous garantie que tout
optimum de Pareto dans l'espace des répartitions des biens est
atteignable en situation de concurrence pure est parfaite moyennant une
redistribution forfaitaire des dotations initiales. En fait, tout se passe comme si les deux consommateurs étaient face
l'un à l'autre pour négocier des
échanges de bien (1) contre bien (2) et réciproquement, dans le but
d'améliorer leur bien-être.
Le TMS représente le prix «
psychologique
»
d'échange entre (1) et (2) pour le consommateur
considéré, c'est-à-dire la quantité maximum de (2) qu'un agent
accepte de céder pour avoir une quantité
infinitésimale supplémentaire de (1).
Le TMS correspond à un prix psychologique limite. On arrive finallement
à la conclusion qu'un état optimal doit être un état réalisable (avec
saturation des contraintes, i.e. pour chaque bien, la somme des
quantités allouées aux deux consommateurs doit être égale à sa quantité
totale disponible) et cet
état doit être efficient, en vérifiant
l'égalisation des TMS pour les deux consommateurs.
- Optimalité au sens de Pareto à la cantine
Lorsque j'étais élève à l'ensae, je ne sais
plus quel prof nous avait illustré l'optimalité au sens
de Pareto à partir du passage à la cantine de l'insee...
Quand on va chercher de l'eau à la fontaine à eau, il y a
deux arrivées d'eau, mais qui se fournissent à la
même source. Autrement dit, si deux personnes se servent en
même temps, le débit est deux fois plus faible que si une
seule personne se sert. De mémoire, si on est seul à
prendre de l'eau, il faut environ 30 secondes pour remplir un pichet. Supposons que j'arrive à la fontaine à eau, et que
quelqu'un soit en train de servir depuis 10 secondes. Deux
possibilités s'offrent à moi,
- commencer à me servir dès que j'arrive: la
première personne a fini de se servir au bout de 40 secondes,
et 50 secondes pour moi
- attendre que la personne qui se sert ait fini: la première
personne a fini de se servir au bout de 20 secondes, et moi 50 secondes
Bon, le raisonnement n'a de sens que si personne ne vient entre temps
se servir sur l'autre fontaine (ou alors qu'au moins elle tienne le
même raisonnement que moi, c'est à dire qu'elle attende
que j'ai fini avant de se servir).
Si je compara les deux situations, on voit que le second cas permet
à l'autre personne d'améliorer strictement la situation.
Autrement dit l'optimum de Pareto est d'attendre que l'autre personne
se soit servi avant de se servir.